Cucul Panpan Kiss Kiss Bing Bing

Au piquet, la France. Et quelques petits coups de règle à bord fin sur le bout des doigts avant d’aller passer le reste de l’après-midi au coin.

Le Conseil de l’Europe (qui est l’organisme européen chargé de la défense des droits de l’Homme, à ne pas confondre avec le Conseil européen) a ainsi condamné la France mercredi dernier. D’après l’organisme, l’incriminée n’a pas « prévu d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels ».

Le droit français viole donc l’article 17 de la Charte européenne des droits sociaux, d’après lequel les Etats signataires doivent « protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation ».

Le quotidien suisse Le Temps évoquait cette semaine un sondage récent (dont la source n’est pas citée), qui montrerait que 80% des Français auraient reçu des coups de leurs parents. Toujours cette semaine, dans Le Figaro, on pouvait lire que selon un autre sondage, réalisé cette fois par l’association L’Enfant bleu, 45% des Français soupçonneraient au moins un cas de maltraitance dans leur entourage.

Beaucoup s’accorderont pour dire qu’il faut faire la différence entre une « petite torgnole bien méritée » et un cas de maltraitance avéré. Cela semble couler de source. Et pourtant. Ce qui aux yeux de certains paraît déjà largement exagéré semble peut-être la norme pour d’autres.

Sur les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, 27 ont adopté une législation interdisant les châtiments corporels. Premier en lice, comme souvent, la Suède. En 1979, le pays invente la « parentalité positive », qui promeut une éducation exempte de toute sorte de punition physique. Comme quoi, ça serait possible.

Est-ce que les petites Suédois sont moins bien élevés ou plus méchants que les autres ? Personnellement, je n’ai pas eu l’impression que les rues de Stockholm ou Göteborg regorgent de petits voyous en couches-culottes. Mais bon, tout cela reste à confirmer de manière méthodique et scientifique.

Quand on commence à mêler le « culturel » aux histoires sociétales, on finit toujours par se prendre les pieds dans le tapis. Il n’y a qu’à voir comment ça se passe déjà avec les questions liées à la religion, pour reste en phase avec l’actualité.

Mais n’oublions pas que les temps changent. La preuve : le Conseil européen a été saisi par une association de protection pour l’enfance britannique. L’association Approach reproche en effet à la France d’être trop laxiste et de ne pas appliquer la Charte européenne à la lettre.

Comme quoi tout arrive et j’insiste sur l’adjectif « britannique ». Cela me rappelle l’excellent Roald Dahl, auteur anglais d’origine norvégienne. Pour le situer, je pense que la plupart d’entre vous ont entendu parler de « Charlie et la Chocolaterie ». Si ce n’est le livre, peut-être que le film de Tim Burton vous évoque quelque chose. Et bien, le créateur de Charlie (pas Hebdo), c’est le magicien des histoires pour enfants et grands, Roald Dahl.

Dans son autobiographie, « Moi boy », l’auteur parlait entre autres de son éducation extrêmement stricte dans les collèges britanniques où les enseignants avaient la main plutôt leste et musclée. Les descriptions de corrections au fouet et martinet font assez froid dans le dos.

En Nouvelle-Calédonie, on reste dans le ton et on aime « astiquer ». Pardonnez l’expression pour celles et ceux qui ne sont pas habitués. Moi-même, j’avoue qu’elle évoque quelque chose de plus crû et mon oreille a mis quelques temps à enregistrer le fait qu’il était ici question de « correction corporelle » et non de plaisir solitaire (ou à plusieurs, tout dépend des goûts et choix de chacun).

Ici, qui aime bien (ou pas bien) « astique » et « dresse ». J’illustre avec une petite anecdote. Un soir pas comme un autre, ou comme un autre, alors que j’avais malencontreusement laissé la porte de la maison ouverte, un petit groupe de très jeunes adolescents est entré et a volé mon sac à main. Surpris par le voisin, ils se sont enfuis. Le voisin, qui les connaissait, est venu nous dire qu’on ne devait pas s’en faire et qu’il allait récupérer les affaires. Quelques heures plus tard, il revenait avec le sac en précisant qu’il avait « fait le nécessaire » et que les petits voleurs allaient aussi être « astiqués » par leurs familles.

En début d’année, une mère de famille australienne a été arrêtée par la police. Elle avait giflé son fils de quatre ans dans un centre commercial de Perth et une plainte anonyme avait été déposée contre elle le même jour. Sur le Caillou, les parents qui font leurs emplettes au Kenu In ou à la Galerie Shop Center Vata ont du bien rigoler à la lecture de ce fait-divers, plutôt insolite pour le coup et honnêtement, pas forcément pédagogique.

Toujours est-il que celui (ou celle) qui émettra une critique de la « fessée » ici, surtout s’il (ou elle) débarque de métropole ou d’Europe, sera catalogué(e) « flower power » idéaliste et mou du genou. On en remettra aussi une couche, avec le refrain de la jeunesse en dérive, qui dérive parce que, justement « on n’astique plus assez ».

S’il y a des sujets sur lesquels les gens du Caillou semblent plus ou moins (mais surtout plus) d’accord, c’est « l’astiquage » et « le dressage ». Alors, briquons, frottons, dressons, lustrons et astiquons si c’est la solution du vivre-ensemble. Pas sûr que cela marche vraiment. Mais comme on confond souvent « culturel » et « habitudes » (ou serait-ce la même chose ?), émettre l’idée qu’on peut peut-être se passer de produits ménagers (je traduis : ne pas forcément « astiquer ») avec les générations qui nous suivent semble farouchement hors-sujet.

Le Logdu

Une réflexion sur “Cucul Panpan Kiss Kiss Bing Bing

  1. Pingback: Banzaï |

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s